LE MANIFESTE

Les oeuvres de Franck Bailleul s’inscrivent dans un dessein humaniste « faire prendre conscience à la société humaine de l’urgence de remettre l’artiste au coeur des process décisionnels. 

« Notre monde est passionnant. 

Je suis un enfant de chaque instant, les yeux grand ouverts, les joues giflées ou caressées, le regard empreint de sinistres ou d’enthousiasme … Et toujours, cette insensée envie de vivre et survivre, d’explorer sans limite, de me perdre dans les arcanes de la vie.

Je puise dans cette existence une inspiration perpétuelle qui enrichit mon chemin dans l’univers pictural …

Se chevauchent parallèlement, une appréciation du CHAOS, de la misère de l’Homme, limité par sa nature, humilié dans sa volonté de comprendre, dépassé et impuissant dans le grand tourbillon du mouvement …

Puis, de temps à autre, l’artiste s’échappe, se met à rêver, dispose de son monde imaginaire pour tenter de retrouver un bonheur perdu, il est fou pour certains, « heureux soient les fêlés car ils laisseront passer la lumière … »

Antidote de survie dans un monde incompréhensiblement brutal …

Mais la réalité l’homme ne la voit pas. Il ne peut la voir. Il s’en éloigne et se perd. Ignorant et méprisant les lois de la vie, il marche aveuglément vers sa propre Apocalypse !

L’humanité peut-elle en rester là ?

Le ciel est mon inspiration, ma réponse, et chaque être humain, chaque cellule de vie sur terre doivent trouver la sienne, pour qu’ensemble, nous reconstruisions l’édifice. J’ai la conviction profonde que la spiritualité en constitue le fondement.

Mon approche artistique s’inscrit dans une perspective humaniste, ni dogmatique ni doctrinaire. Elle est pleinement contemporaine tant il me semble que c’est dans la liberté des valeurs de chacun que se trouvera la légitimité d’un sens communautaire.

Le Ciel et la Terre que je peins sont vides de toute trace de l’activité humaine. Ils sont notre théâtre de vie, nous donnent tout ce que nous sommes.

Nous devons les respecter en retour et composer avec leurs lois, Physiques et Spirituelles, intimement liées comme les cellules qui nous composent.

Il est du privilège des artistes et des penseurs de faire le lien avec l’inconnu, de percevoir la vision d’un futur probable ou improbable qui se réalise dès lors qu’il est imaginé et dont nous avons tant besoin..

La formule mathématique du savoir est du registre scientifique, mais l’extrapolation des phénomènes qui en découlent relève des créateurs.

Leur place dans la société est essentielle en ces temps de CHAOS.

C’est le sens de ma peinture, et cette ambition en soutient l’existence. »


« Voilà où nous mènent les connaissances naturelles.

(…) Que l’homme contemple donc la nature entière dans sa haute et pleine majesté, qu’il éloigne sa vue des objets bas qui l’environnent. Qu’il regarde cette éclatante lumière mise comme une lampe éternelle pour éclairer l’univers, que la terre lui paraisse comme un point au prix du vaste tour que cet astre décrit et qu’il s’étonne de ce que ce vaste tour lui même nest quune pointe très délicate à l’égard de celui que ces astres, qui roulent dans le firmament, embrassent. Mais si notre vue sarrête là que limagination passe outre, elle se lassera plutôt de concevoir que la nature de fournir. Tout ce monde visible n’est qu’un trait imperceptible dans l’ample sein de la nature. Nulle idée n’en approche, nous avons beau enfler nos conceptions au-delà des espaces imaginables, nous n’enfantons que des atomes au prix de la réalité des choses. C’est une sphère infinie dont le centre est partout, la circonférence nulle part. Enfin c’est le plus grand caractère sensible de la toute-puissance de Dieu que notre imagination se perde dans cette pensée.

Que l’homme étant revenu à soi considère ce qu’il est au prix de ce qui est, qu’il se regarde comme égaré dans ce canton détourné de la nature. Et que, de ce petit cachot où il se trouve logé, j’entends l’univers, il apprenne à estimer la terre, les royaumes, les villes et soi même, son juste prix.

Qu’est ce quun homme, dans l’infini ?

(…)Je veux lui faire voir là dedans un abîme nouveau. Je lui veux peindre non seulement lunivers visible, mais limmensité quon peut concevoir de la nature dans l’enceinte de ce raccourci d’atome ; qu’il y voie une infinité d’univers, dont chacun a son firmament, ses planètes, sa terre, en la même proportion que le monde visible, dans cette terre des animaux, et enfin des cirons dans lesquels il retrouvera ce que les premiers ont donné, et trouvant encore dans les autres la même chose sans fin et sans repos, qu’il se perde dans ces merveilles aussi étonnantes dans leur petitesse, que les autres par leur étendue (….),

Qui se considérera de la sorte s’effraiera de soi-même et, se considérant soutenu dans la masse que la nature lui a donnée entre ces deux abîmes de l’infini et du néant, il tremblera dans la vue de ses merveilles, et je crois que sa curiosité se changeant en admiration il sera plus disposé à les contempler en silence qu’à les rechercher avec présomption.

Car enfin qu’est ce que lhomme dans la nature ? Un néant à l’égard de linfini, un tout à l’égard du néant, un milieu entre rien et tout, infiniment éloigné de comprendre les extrêmes. La fin des choses et leurs principes sont pour lui invinciblement cachés dans un secret impénétrable, également incapable de voir le néant d’où il est tiré et l’infini où il est englouti.

Que fera t il donc sinon dapercevoir [quelque] apparence du milieu des choses dans un désespoir éternel de connaître ni leur principe ni leur fin ? Toutes choses sont sorties du néant et portées jusqu’à l’infini. Qui suivra ces étonnantes démarches ? L’auteur de ces merveilles les comprend. Tout autre ne le peut faire.

(…)On se croit naturellement bien plus capable d’arriver au centre des choses que d’embrasser leur circonférence, et l’étendue visible du monde nous surpasse visiblement. Mais comme c’est nous qui surpassons les petites choses nous nous croyons plus capables de les posséder, et cependant il ne faut pas moins de capacité pour aller jusqu’au néant que jusqu’au tout. Il la faut infinie pour l’un et l’autre, et il me semble que qui aurait compris les derniers principes des choses pourrait aussi arriver jusqu’à connaître l’infini. L’un dépend de l’autre et l’un conduit à l’autre. Ces extrémités se touchent et se réunissent à force de s’être éloignées et se retrouvent en Dieu, et en Dieu seulement.

Connaissons donc notre portée. Nous sommes quelque chose et ne sommes pas tout. Ce que nous avons d’être nous dérobe la connaissance des premiers principes qui naissent du néant, et le peu que nous avons d’être nous cache la vue de l’infini.

Notre intelligence tient dans l’ordre des choses intelligibles le même rang que notre corps dans l’étendue de la nature.

Voilà notre état véritable. C’est ce qui nous rend incapables de savoir certainement et d’ignorer absolument. Nous voguons sur un milieu vaste, toujours incertains et flottants, poussés d’un bout vers l’autre.

Quelque terme où nous pensions nous attacher et nous affermir, il branle, et nous quitte, et si nous le suivons il échappe à nos prises, il nous glisse et fuit d’une fuite éternelle ; rien ne s’arrête pour nous. C’est l’état qui nous est naturel et toutefois le plus contraire à notre inclination. Nous brûlons du désir de trouver une assiette ferme, et une dernière base constante pour y édifier une tour qui s’élève à [l’]infini, mais tout notre fondement craque et la terre s’ouvre jusqu’aux abîmes.

Ne cherchons donc point d’assurance et de fermeté ; notre raison est toujours déçue par l’inconstance des apparences : rien ne peut fixer le fini entre les deux infinis qui l’enferment et le fuient.

Cela étant bien compris, je crois qu’on se tiendra en repos, chacun dans l’état où la nature l’a placé.

Donc toutes choses étant causées et causantes, aidées et aidantes, médiatement et immédiatement, et toutes s’entretenant par un lien naturel et insensible qui lie les plus éloignées et les plus différentes, je tiens impossible de connaître les parties sans connaître le tout, non plus que de connaître le tout sans connaître particulièrement les parties.

[Comment connaîtrions-nous distinctement la matière puisque notre] suppôt qui agit en cette connaissance est en partie spirituel, et comment connaîtrions nous nettement les substances spirituelles, ayant un corps qui nous aggrave et nous baisse vers la terre.

(…) Voilà une partie des causes qui rendent l’homme si imbécile à connaître la nature.

Elle est infinie en deux manières, il est fini et limité ; elle dure et se maintient perpétuellement en son être ; il passe et est mortel. Les choses en particulier se corrompent et se changent à chaque instant. Il ne les voit qu’en passant. Elles ont leur principe et leur fin. Il ne conçoit ni l’un ni l’autre »

Préface de Blaise Pascal (Extraits).

« Ecrit il y a plus de 3 siècles, ce texte étrangement contemporain, aurait pu être la préface d’un livre de Stephen Hawking. »


LE CHAOS

Le temps du CHAOS

Le système de valeurs sur lequel notre société s’est construite depuis deux siècles chancèle. Il est ravagé par la montée des individualismes, la rupture du modèle familial, la mondialisation effrénée, le pillage des ressources naturelles et la destruction programmée de la nature. L’inquiétude, l’incompréhension face à l’évolution scientifique et à la complexité des questions d’éthique, la défiance à l’égard de la société et de ceux qui la dirigent lézardent l’ « affectio societatis ».

Notre société est à la croisée de son destin. La conscience humaine est en perdition, l’homme est confronté à une défiance globale et semble vivre une période de CHAOS : perte de valeur morale, absence de repères et de vision à long terme, mouvance et vitesse d’évolution des outils du quotidien.

Nous ne contrôlons plus rien car tout va trop vite, sociologiquement, intellectuellement, sociétalement. Le CHAOS est microscopique au plus profond de la matière autant que macroscopique au cœur de l’espace.

« Je m’efforce de représenter intuitivement le CHAOS dans mes tableaux : un univers déstructuré, en mouvance aléatoire. Autour d’un puits de lumière, gravitent à des vitesses différentes, des formes et des énergies diverses. Il n’y a rien de fixe, rien d’autre qu’une lueur en fusion, un univers d’énergies en expansion… !

Ma peinture s’exprime dans son intuition, non raisonnée, elle témoigne d’une autre dimension, incertaine, probable … un sentiment singulier d’impuissance qui me rapproche des pensées de Pascal sur la nature humaine. »


THE DREAM

« Je cherche. Je fouille et farfouille dans la galerie du terrestre.

Je n’y comprends plus rien, alors à quoi bon ? 

Is that all there is ?” nous chante Peggy Lee … »

J’entends que « chez les aborigènes, le temps du rêve désigne l’ère qui précède la création de la Terre, une période où tout n’était que spirituel et immatériel.

Selon eux le temps du rêve existe toujours et peut être atteint pour des besoins spirituels. Au travers du temps du rêve, il serait possible de communiquer avec les esprits et de déchiffrer le sens de la vie.

Certains lieux ont un « pouvoir de rêve » dans lequel réside le sacré. La plupart des tribus aborigènes croient que toutes les formes de vies, plantes, animaux et humains, font partie d’un vaste et complexe ensemble d’interactions dont l’origine remonte aux grands esprits des ancêtres, à l’époque du temps du rêve. »

« Ma peinture, à ces moments-là, exprime une manière de fuir ce CHAOS et la recherche sciemment illusoire d’un paradis perdu, d’un DREAM merveilleux.

On se réinvente un univers idyllique, mental, sans vitesse, ivre, lent et lourd, terrien et baroque, coloré, naïf et ample, apaisant sans même y prétendre.

Il ne résout rien pourtant et reste un Eden artificiel, une drogue mentale individuelle …mais surtout je suis en vie, heureux de l’être, de profiter de mes sens, burinés d’excès, pétris d’insouciance et d’extases névrosées ! ! »


L’APOCALYPSE SPIRITUELLE

Ou L’APOCALYPSE DE DIEU !

« Je veux confronter l’homme à son échec, à son incapacité à comprendre qu’il existe des solutions spirituelles qu’il détruit sans cesse. Alors qu’elles pourraient lui permettre de se transcender, afin de vivre heureux. »

L’individualisme contemporain nous éloigne de l’humanisme, de l’amour du prochain, du partage, de la responsabilité collective et nous projette dans une sphère froide, déroutante, déshumanisée et sans repère.

« Nos maisons de retraite sont des antichambres de la mort avant la grande déchèterie ; nos cimetières deviennent des centres d’enfouissement sans âme … où en est notre civilisation ? »

Les valeurs spirituelles exprimées dans la philosophie, la religion, l’art, sont aujourd’hui bafouées, oubliant que chaque être est une parcelle vivante de l’énergie originelle.

« Ma peinture du Christ tué sur la croix est un cri.

Nous ne L’avons pas compris, il nous regarde avec un regard d’espoir qui s’éteint, tendrement nerveux, qui cherche dans son dernier soupir un équilibre sur un fil de soie… l’homme est en échec. Le fil peut rompre à chaque instant… »


LES PASSEURS

Ou sont les « PASSEURS » ?

« Les ciels en mouvance perpétuelle nous donnent une leçon de vie. Ils se déforment et se reforment sans cesse, toujours en tension vers la perfection. Mouvement permanent de formes et de couleurs empreintes de légèreté ou de lourdeur, de textures épaisses, grasses ou aériennes et de luminosités glacées ou chaudes, ils symbolisent la vie, l’existence du monde …avec ou sans l’homme.

Le ciel nous élève, la terre est notre matière, nous compose, nous nourrit.

Il me semble que la vision des peintres Hollandais du XVII siècle donnait une plus juste part au ciel, spirituel par nature. Or, aujourd’hui les peintres contemporains représentent rarement le ciel. Une nouvelle harmonie s’impose, le sens vient du haut ; inversant le rapport conceptuel entre Spiritualité et Matérialisme. Pour créer cette nouvelle réalité dans laquelle l’homme va retrouver une place harmonieuse, redonnons toute leur place aux d’observateurs : artistes, poètes, écrivains, philosophes, théologiens, sculpteurs, musiciens, peintres, chamans…, imprégnés d’une perception spirituelle du monde. »

 

Réinventons la place de l’Homme dans l’Univers !

Réinventons le mode créatif de la société en faisant appel au spirituel. Tel s’exprime le défi existentiel posé à l’homme en ce XXIème siècle.

L’Homme devrait être capable de mieux se réinventer dans le CHAOS.

Car tel est le paradoxe de la matière. Il nous faut s’arracher du CHAOS sans pouvoir, ni vouloir le rejeter. L’homme est aussi en son essence constitué du CHAOS originel.

Il doit composer avec. 

CHAOS immanent, partie constitutive de la nature humaine, jusque dans sa chair !

Mais l’Homme saura-t-il prendre de la hauteur, monter jusqu’au ciel, pour s’assimiler, souffrir …et de là, se transformer ?

Ne faut-il pas se libérer de la matière en la ramenant à l’essentiel ?

« Il est clairement perçu aujourd’hui que la réponse de l’Homme à ses vrais besoins s’enracine dans le Spirituel. Il nous faut maintenant mettre les actes en face de nos convictions. »

Notre besoin matériel constant, ne traduirait il pas notre incapacité à aimer, savoir recevoir et donner ?

Ce que nous ressentons tous, dans le vécu de notre existence quotidienne semble n’être que le reflet d’un vrai besoin d’amour.

 

Coexistence des créations et mystère des temps parallèles

« Une perception froide de mes tableaux pourrait faire penser qu’il y a quatre ou cinq peintres différents.

Il n’en est rien. Ces styles différents naissent et se créent simultanément, sans chronologie propre, car ils sont le témoignage d’une réalité qui expose des univers possibles, simultanés, lesquels deviennent réalité dès lors qu’ils ont été imaginés.

Le peintre est un Passeur qui voit ce que les autres ne voient pas ou plus, il perçoit une réalité au travers d’un prisme qui lui est singulier.

Or, la physique quantique nous révèlerait qu’il y a autant de mondes parallèles qu’il y a d’instants qui s’égrènent…et je trouve séduisante la théorie des mondes multiples décrite par Hugues Everett. »

 Ces mondes existent parce que le peintre les donne à voir.

Les propriétés physiques à l’échelle microscopique de la matière, et notamment le changement de nature du photon dès lors qu’il existe un dispositif d’observation, affectent notre compréhension de l’univers. L’observateur, en effet peut-être l’œil de l’artiste, affecte par son regard la réalité du monde. Ainsi les tableaux montrent à voir une réalité effective du monde, interprétation ou vision qui prennent vie avec les couleurs projetées sur la toile. La réalité sans observateur n’existe pas.

La transposition à l’échelle macroscopique de cette propriété entraîne l’existence absolue d’un observateur au-delà de notre univers : Dieu ?, car sinon l’homme existerait-il ?

Nous comprenons dorénavant qu’une autre réalité existe, celle que les « PASSEURS » ressentent et exposent ; l’œil du peintre, l’oreille du musicien, les mains du sculpteur, le cerveau du philosophe, la voix du chaman ….

Tous doivent travailler à une conception nouvelle de l’homme dans l’univers.

Or aujourd’hui seuls les économistes, les hommes du pouvoir et les grands argentiers du monde travaillent sur le dossier de l’humanité.…

On évacue de notre construction du monde les perceptions sensorielles fondamentales, on se déconnecte de la nature.

C’est l’univers du Moi au détriment du « Soi », le « Moi » étant ce que je désire et le «Soi » ma place dans l’univers en création.

Notre CHAOS ambiant est en déséquilibre parce que le « Soi » diminue au profit du « Moi » !!

« L’individualité me semble dorénavant n’être qu’une illusion. Elle constitue un espace vide entre nous alors que nous sommes tous interconnectés, synchrones, atomes excités appartenant à la fois à plusieurs espaces; nous sommes des univers superposés qui vivent en même temps des choses différentes … dans tous les sens du terme … avec l’observateur suprême dans le monde de l’au-delà… »

Ce n’est plus un univers mais un « multivers », composé d’interconnexions sidérales, le temps n’est plus un voyage, il est concomitant à tout dans l’échelle des valeurs.

Au début, au temps du Big bang, nous étions liés dans un grain d’énergie créatrice, et nous le sommes toujours, un et divisibles.

 

Jusqu’à la MATIERE…

Nous portons des mémoires diverses, celles des corps ; celles du vécu, celles du périnatal, celles des gènes …. Cette mémoire se transforme et évolue, l’acte même de regarder change tout !!

Plongez dans la matière et tout ce que nous savons disparaît ! Car ce ne sont que des relations qui se transforment dès que nous les observons. Dilemme scientifique qui relie la science et la foi !

Le solide n’est pas solide car l’idée du solide est une perception mentale inscrite dans un univers simple, dépassé dès lors qu’on y pense.

« J’aime ce monde de mouvances, d’errances à travers un inconnu structurant et en perpétuelle déstructuration … il se forme et se reforme sans cesse à la lueur de nos visions, de nos perceptions cumulées, immédiates, et toujours parfaitement synchronisées.

Il est stimulant à qui sait l’interpréter et humblement se situer …

Oui j’aime ce monde ! Il est riche, il est mouvant, il est beau si l’on veut qu’il le soit ou laid si l’on y croit pas.

« L’humilité » du rien dans l’infini, l’excitation du tout dans le néant !

Il est ce que l’on veut, à nous de choisir ! »

 

ET DEMAIN ET TOUJOURS… LA VIE !

Le bonheur est à portée de vue, de main, d’oreille et de compréhension…. Il est disponible pour tous et la conjonction de nos visions le rendra encore plus accessible.

L’univers n’est qu’une ombre, celle d’un œil à un instant donné, le photon de la création est maintenant présent, divisible, à multiples facettes. Notre tunnel de réalité n’est plus, chacun doit se forger le sien, et contribuer ainsi à la réalité tangible et qui pourtant n’existe pas, car à peine imaginée, elle change.

La vie est un grand rêve, une superbe pièce de théâtre, un beau tableau, une musique émouvante, une sculpture touchante… la mort n’existe plus !

Le monde dans lequel nous vivons n’est pas une réalité absolue. L’homme cependant fonde sa vie sur l’existence de cette réalité absolue, immuable, qui n’existe pas selon l’interprétation de la physique actuelle, si tant est que nous considérons objectivement que nous ne sommes que des énergies fugaces de l’univers.

Espace et temps sont interconnectés en permanence et fusionnent avec le mouvement.

Merci le Ciel.


CONCLUSION

Notre société humaine semble être à la croisée de son destin. Elle devrait prendre conscience de la nécessité de s’imprégner de spiritualité et ne pas s’enfermer, se replier, refuser l’ouverture. Sinon elle se contraint elle-même à disparaître sans pour autant que l’univers lui-même disparaisse. Il continuera son destin sans l’Homme.

Des « PASSEURS » peuvent permettre à l’Homme d’entrevoir des possibles « réels » lui permettant de s’ouvrir et d’avancer sur le chemin du bonheur. Ces « PASSEURS », artistes, spirituels, portent un regard différent sur l’univers.

« L’œuvre que je compose s’inscrit dans cette autre vision de l’univers. Elle donne à voir des mondes parallèles, des univers adjacents réels qui ouvrent l’Homme à des réalités diverses, plus riches et créatrices. Cette vision de nos univers parallèles est autant de « soi » qui devraient nous permettre de mieux nous appréhender, comme faisant partie intégrante du « grand tout », de l’énergie créatrice du monde.

Le CHAOS est partie intégrante du monde, c’est l’énergie initiale , créatrice d’une renaissance perpétuelle de la vie par la recomposition des atomes du CHAOS recréant sans cesse de nouvelles particules.

Le CHAOS fait s’entrechoquer les éléments qui composent l’univers et donne vie à des formes nouvelles du monde …

L’homme se perd dans les paradis artificiels, il a ignoré sa conscience, il sent sa souffrance devant le mystère du CHAOS.

Il doit se réinventer en ce monde pour trouver une nouvelle place dans l’univers.

La peinture offre une vision, nullement une solution. Chacun est en mesure de se réinventer et de réinventer le monde par ses propres moyens.

Ma peinture ouvre humblement un chemin de prise de conscience pour et par l’homme. C’est le miens que je partage avec vous.

Mes tableaux sont là, l’homme ne peut pas les chasser comme il chasse sa pensée ; les tableaux donnent corps à la réalité, ils sont quantiques car ils créent la réalité que l’homme ne voit plus ou ne veut pas voir, ils sont cantiques dans leurs élévation vers le Ciel. A chacun sa voix !!! »

Comme dans le mouvement de la Renaissance aux XIV et XVème siècle, l’homme doit se réinventer sans cesse, et continuellement.

Qui mieux que les artistes peuvent devancer le progrès, l’évolution probable ?

Le chef d’entreprise, le financier, l’économiste, le politique, sont autant de spécialistes compétents en proie à l’actualité pressante de l’existant.

Il est difficile pour eux de se projeter.

Le visionnaire doit s’extraire du monde de l’immédiat et imaginer un futur possible qui devienne une source d’inspiration.

La Renaissance, en Italie, en France et dans le monde  est un bel exemple de recomposition avec l’aide des artistes, des penseurs, des philosophes, des physiciens, …

Cette société nouvelle s’est créée par l’échange de penseurs de diverses intuitions qui, confrontés à l’accroissement de l’univers géographique, de nouveaux schémas de pensée intellectuels, artistiques, religieux, philosophiques, et technologiques …ont su, ensemble faire évoluer le monde.

Il y a aujourd’hui de grandes similitudes avec cette période puisque ces innovations étaient alors vécues comme un CHAOS. Les nouvelles vérités scientifiques qui remettaient en cause les certitudes acquises, la recherche de spiritualités nées des contestations des convictions antérieures comme autant d’hérésies, et simultanément, l’appréhension des nouvelles interprétations des cultures découvertes étaient ressenties comme un grand chambardement, signe avant-coureur d’une fin eschatologique du monde.

Au même moment, le monde rêvé de Rabelais dans Pantagruel, un paradigme perdu, coexiste avec La Ballade des Pendus de Villon !! Comme Houellebecq et les productions de Dreamworld ….

Chaque jours des problématiques nécessitent des prises de conscience, de position, des décisions porteuses de conséquences lointaines (Le génome, le nucléaire, les nanotechnologies, l’euthanasie…), et qui sont traitées hors des sphères de la communauté, par des techniciens qui n’ont qu’un seul angle du spectre de la vie.

Les artistes de la Renaissance étaient impliqués et participaient aux décisions sur la vie de la société. Vinci réfléchit pour le compte de François 1er sur l’architecture. il y avait une ouverture et une prise en compte de l’œil de l’artiste, du peintre, du philosophe.

A cette époque, les politiques s’entourent d’artistes qui participent à leur Conseil…

Aujourd’hui on s’entoure d’experts ; mais un expert n’est pas un visionnaire, c’est un technicien qui n’est pas supposé développer une perception spirituelle du monde… Il répond à des problématiques immédiates, témoignage vivant d’un monde obnubilé par l’instant présent et les solutions à court terme.

« Redonnons aux artistes, aux penseurs, aux visionnaires la place qui devrait être la leur. Qu’ils se réapproprient une place déterminante dans la société, afin de percevoir et nous transmettre les voies possibles de l’avenir en construction.

L’humanité crie ce besoin. Il est le seul projet de société, l’unique.

« Le fossile renferme le cycle entier de la création, de la destruction et de la renaissance. Pour moi, les fossiles contiennent tout le mystère, la puissance et l’indestructibilité de la vie. » disait André Breton.

Pour moi, il en est de même de l’Art, qui s’ouvre et offre individuellement ou collectivement une immensité d’interprétations, exploitables à l’infini, puissantes ou pauvres, d’esprit éphémère ou immanent.

Sa richesse tient à ce qu’il est entre rien et tout comme selon la formule de Pascal; Indestructible car il n’est rien, immanent parce qu’il est, concomitamment, tout.

Indestructible parce qu’il est tout, immanent parce qu’il est, concomitamment, rien.

L’Art c’est l’Homme. IL le distingue, IL est ce qui l’inspire à vivre mieux, plus intelligemment, en harmonie avec ses sens et la nature.

La peinture en particulier est aussi un moment de grand silence et de méditation. Pour celui qui la crée comme pour celui qui la regarde, l’interprète, l’intériorise….

Mais quel silence! Celui de l’âme, celui de la contemplation, celui de l’élévation !

Quelquefois trop intellectuel pour notre époque, ou trop silencieux pour la nouvelle génération, trop « fossilisé » pour la sphère scientifique, peut être une forme trop simple, unidimensionnelle et trop archaïque pour les nouveaux créateurs contemporains, trop complexe à pénétrer et digérer pour notre « fast Food society », il mourra peut être de sa belle mort…. Temporairement …

car j’en suis sûr, son retour est imminent tant il reste indispensable comme l’ensemble des Arts à qui sait regarder, écouter, sentir, toucher … et ainsi vivre l’émotion de la vie.

L’Art doit se réapproprier la société et nous sortir de la crise de confiance que l’on a envers elle ; cette défiance moderne et cynique de notre temps !

Une civilisation qui s’est égaré dans le matérialisme effréné ne peut perdurer dans un univers d’essence immatérielle dont le destin spirituel est lié à une conscience cosmique.»

 

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