POÉSIES

Huile sur toile

Huile sur toile

Le chaos 9

Le Château ivre

  J’ai un beau château et des trous à mes chaussures
J’aime sentir le sol, errer dans les pâtures
Avoir les pieds sur terre, ma lourde tête en l’air
Observer la nature, son travail sur la pierre

Peu importe l’apparence, siège de l’ignorance
Mon âme en errance voit toujours les étoiles.
La mode, l’uniformisme tissent bien leurs toiles
Et dans ces villes nouvelles bâtissent ma potence !

J’aime le charme discret des campagnes désolées
De ces vieilles chaumières que le temps abandonne
Et qu’un rayon de soleil caresse sa beauté
Si fragile quand le ciel bas et lourd gronde et tonne !

J’entends alors le cœur gai de chaque goutte de pluie
Qui réveille en moi les frissons d’un bonheur sain
Et quand dans la brume retentie la cloche dans le lointain
Sa cadence et son timbre donne un sens à ma vie !

Je n’ai pas envie de traîner sur des voies de bitumes
Mes pieds sur l’asphalte mort, ma tête sur l’enclume
D’un racolage obscène, martelant mon infortune
Et vivre le voisinage des grandes solitudes
Dans un luxe aseptique, en cage, en altitude !

J’aime ma vielle bâtisse usée par le temps
Quand un vent d’océan se glisse sous la fenêtre
Et me murmure à l’oreille des histoires d’antan
Faisant valser les feuilles de mes desseins d’enfant
Alors j’exalte de ce bonheur de vivre et d’être.

© 2014


 

Huile sur bois - 1,45 m x 1,15 m

Huile sur bois – 1,45 m x 1,15 m

The dream 13

Sans sens.

Je suis sans sens,
Je le sais, depuis ma naissance
Je divague dans la vie
Au gré de mes envies

 Je dévie du sens des vagues
Du bon sens qui me nargue
Et je rame, et je rame…
A contre courant,
Désolé messieurs dames
De ne pas être dans le vent

Je suis sans sens,
Depuis ma naissance,
Aux grés des flots de mes humeurs
J’ai trouvé là mon vrai bonheur.

© 2014


Huile sur toile - 1,22 m x 1 m

Huile sur toile – 1,22 m x 1 m

The dream 4

Je suis un rocaille racaille
Un grand  baroque broke
Je plaide pour un nouvel art nouveau, baroque et fauve,
Barbizonesque, qui impressionne et résiste !

 Je suis un rocaille racaille
Issu d’un spermatozoïde
Bizarroïde
Un baroque toc
De parent broc

A vingt ans….

Un baroqueux à queux ivre
Libre de vivre
Qui s’étiole derrière les barreaux
De la société qui l’enivre

 Chimère de mer, canard de mare
Gargouille en couille
Et couille de nouille :
Je vois une caille racaille !
Avec une bouille canaille !

Monstre malin pas marin
Tiens mon lapin par la main
Et sur une toile de lin
Coquille de pacotille
Rascasse d’Ecosse, sauce Ducasse
Je te pastiche et te rhabille
De mon estampille !

Je suis un Grec baroque cubiste !
Broc et non cruciverbiste
Raccommode les genres
A défaut de chaussette
Et de  bal musette

Je ne suis que régence d’urgence
Potence et élégance
Un Japon d’opérette
Sans Jaja ni pon-pon
Nid de bal musette !
Au museau de lapon !
Halte aux têtes de veau
Par mont et par vaut !

 Vive les lunes de ciel
Pour amants ombrageux
Agrafes, je dégrafe
Grenade, je m’éclate
Volute, dans ma hutte
Rinceaux cachalot….
Cache  ton pissot

La peinture débile déboule
Avec son fatras de couleurs et de pleurs
Et de taches de joie
Qui se cachent sous les toits

Avec tout mon bastringue
Pastis d’Ingres dingue
D’ogre dogue
Digre digue !
Ventre mou en pirogue
Vogue vers Martigues

Poils de martre
Pinceau de maître
Trou de marâtre
Je vais te mettre !
A…Ah Ah
Villedieux les poils
Vivent mieux qu’les poêles
Pain au maroilles
Well well well

 Les beaux décors
De nos yeux morts
Black et d’équerre
De la misère

Je peins, misérable faussaire !
Hybride des Hespérides !
La vie d’un sentiment adultère
Qui désespère
Desesmère
Desesfrêres
Des esthers !

Pauvre ère
Pauvre misère
Qui vit de lutte
Et meurt de vers
Au son des luths !
Au fond des verres !

Je suis un peintre rocaille racaille
Et calme angoisses et névroses
Par des touches bleues et roses,
Et tisanes de broussailles

 Je peins des arbres qui portent des colliers
De couleurs à leurs cous, de vert persillé
Soleils en sommeil sur des côtes de vermeil
Je peins des merveilles au rythme des bouteilles !

Des cochons affabulateurs de prose
Qui se déguisent en pigment rose
Et autres teintes allumées
Qui dansent au son de cloches fêlées

 Je peins l’ocre simulacre
Sur une côte de nacre
Une côte de bœuf
Sur le port d’elbeuf
Une côte mal taillée
Qui crie taillo taillo
Une côte de veau
Qui crie salop, salop!

 Je suis un peintre loufoque
Qui dépeint loups et phoques
Fous et loques
Plouf et floc !

Mes toiles sont hantées de monstres d’enfance
D’éléphants sans défenses
D’hommes tronc sans des fesses
De trou sans des fosses
De fautes sans effaces !!
Des pères sans des fils
Des êtres sans des « fusses »
De nez sans Dreyfus !

D’histoires sans Hic
Sans pointe du Hoc
Serment de serpent !
Sermon de père « son »
De juges menteurs
De Paris ou d’ailleurs…

Enlèvement des Sabines
Déflorement des Madones
Qui se lèchent les babines
Des errements qui festonnent
Je peints….
Des pirates sans cicatrices
Des Indiens sans rites atroces
Avec des couleurs qui enivrent les gueuses
Du Champagne en intraveineuse !
Avec mes sacs de mots en vrac
Qui font office de coke en stock
Je suis un rocaille racaille !
Un baroqueux à queue !

© 2014


Huile sur bois - 1,22 m x 1,62 m

Huile sur bois – 1,22 m x 1,62 m

Les passeurs 155

Epoque sans rébellion
Nous sommes tous des moutons
Des moutons mutant matés
Qui bêlent qui bêlent qui bêlent
En cœur, devant la télé

 Il n’urge pas de les suivre
Pour garder « sainte Liberté »
Sauter du bateau ivre
Transhumance de la pensée
Vers des voies banalisées

Les moutons récalcitrants
Font fit des lois des loups
Et pour la liberté des champs
Affrontent leurs gourous
Inconscients dérangeants
Ils sont traînés dans la boue

Pour leurs idées nouvelles,
Mais leurs attitudes rebelles
Les fait devenir des lions
La belle mutation !
Et un nouvel ordre naît
A force de rébellion.

© 2014


Huile sur bois 0,60 m x 0,80 m

Huile sur bois 0,60 m x 0,80 m

L’apocalypse spirituelle 3

Agonie

Je ne compte plus les heures
Et doucement je meure
Tous les désirs s’éloignent
Et plus rien ne me soigne
Mon corps raide et transi
Reste moite et inerte
L’esprit vain en alerte.

Je sens la mort, cette vieille peau !
Dont les longs et fins ciseaux
Creusent jusqu’au cœur de mes os
Et la douleur conductrice
Me pénètre  les orifices
Dans tous les pores de ma peau

 J’attends que sonne le glas
Ultime respiration,
Un soupir d’opéra,
Qui me délivrera,
De l’humaine condition

 Point de film de ma vie
Point de lumière d’espoir
Dans le formol de la vie
Je ne vois que du noir.

Couvert d’un linceul froid
Qui enveloppe toute ma foi !
Laissant là, ici bas
Mon corps las à trépas.

© 2014


Huile sur bois - 0,77 m x 0,56 m

Huile sur bois – 0,77 m x 0,56 m

Les passeurs 147

Mes plus beaux voyages

Mes plus beaux voyages viennent de l’intérieur
Ils sont un grand naufrage vers un monde meilleur

Du radeau de la méduse je m’enfuis à la nage
Pour échouer essoufflé sur un meilleur rivage

 Je me dois de survivre avec force et rigueur
Puiser au fond de moi de nouvelles saveurs

 Je goûte à des plaisirs vestiges d’un autre âge
Mes sens et la nature font un très bon ménage

© 2014


Huile sur bois - 0,95 m x 0,63 m

Huile sur bois – 0,95 m x 0,63 m

Les passeurs 148

Hypnotic

 Ma pensée suit des voies déroutantes
Mon for intérieur à une voix envoûtante
Mes yeux ne voient pas la ligne droite
Mystère des trois voies étroites

Je sonne mes  saintes cloches en dépit des lois
Je hisse la grand voile, et sur une mer d’écume
Je dérive dans les remous d’un confort visqueux
Au sein du grand va et vient, rempli d’émoi !
Projeté hors de toi
Et la mer me prend

Telle est la naissance du putois de moi
Qui farfouille qui renifle et qui voit
Et enfin explose de joie
Déjà amoureux de toi !

© 2014


 

Huile sur toile - 1,16 m x 0,8 m

Huile sur toile – 1,16 m x 0,8 m

Le chaos 27

Insomnie

Ma pensée est une Miss « Tic Toc »
Une vulgaire pendule dont le balancier se cogne
Et Bing et Bang !
Sur les parois étroites du faux et de l’absurde.

Elle n’a pas défilé pas sur les champs Elysées
Ni même gagné le premier prix de beauté
Ne s’est pas prostituée pour l’écran de télé
Mais chaque heure sonne et n’apporte rien…
Que le confort de se savoir vivant !
Et me rappelle ses soldats jeunes morts dans les champs
Pour l’Honneur qui les faucha avant leur temps

Ma pensée fait Tic Tac…
Elle joue la montre avec le grand bonheur
Elle joue en contre pour des joies éphémères
Mais mon corps avec l’age ne la suit plus
Elle erre en rythme vers des voies étranges
Des profondeurs marines et solitaires
Elle sombre en silence et touche le fond
Doucement elle se pose et attend, inerte,
Tel un sous-marin en état d’alerte
Dont la sirène aux abois
Me jette dans l’effroi

Deux heures déjà…

Mais la clef de la vie qui tourne lui redonne du mouvement
Elle lui ouvre la porte de l’avenir, du  nouveau testament.

Elle survole des champs de blé caressés par les vents
Après un battement d’aile rythmé, elle plane pour arrêter le temps
Admirer intensément, vivre un «moment »
Mais un grand coup de gong arrête son élan
Sa chute se précipite et rien ne la retient
Elle tombe sur le sol, prise dans la gueule du chien !
Le balancier se dérègle apparaissent les systoles
Elles me heurtent telles des  pierres qui sans cadence m’immolent
Je sens ses chocs irréguliers ma boite crânienne
Avec pour seul sursis d’être déchiqueté par des hyènes !

Jusqu’à ce que la clef magique me donne un sursis…

Cinq heures du matin…

Mon cadavre de corps
Transi dans mon lit humide de sueurs froides
Revisite le monde moderne
Ses lumières blafardes, ses extases trompeuses
Elle déambule dans les rues froides des villes
SDF de la pensée dans ces rues polluées.
Et mon âme s’enlise dans un vaste marécage
Fait de bitume, de glaire, de vomi,
De sang et d’excrément, je nage…
Dans ce triste quotidien des nouvelles citadelles
Prisons des temps modernes aux mirages matériels.

Six heures..

Vive le carillon qui tue ces cauchemars
Réveille ma foi, restore l’espoir
De la cloche lointaine teinte la paix de mon âme
Je me réveille enfin – fin du programme.

© 2014


 

Huile sur toile - 1 m x 1,2 m

Huile sur toile – 1 m x 1,2 m

Le chaos 3

Je puise et m’épuise
Dans un fond d’sauce tripal
Des goûts d’hormone mâle
Dans mon palais de mouise

J’explore et déflore
Tel un bel animal
Ma nature verbale
Que mes ardeurs Dévorent
Et mes audaces empalent

J’écartèle les sons et les mots
Enfouis au fond des Corps
Et ma cervelle d’émaux !
Qui en brise les accords

Je joue de la cymbale
Me prend pour un cador
Organise des cabales
Et met les voiles dehors
Sur des mots en rafales !

Joue ce coquin de sort
Je gagne et je m’emballe!
Les couilles sans remord!
Et une vigueur tribale
Mais jamais ne m’endors!

Je vogue Au gré des bises
Et vole Au moral
M’empiffre de santal
Et atterri à Pise
Sur une Idée bancale
Puis goûte à Venise
Dans un palais ducal
Et je bois à trévise
Dans une Fontaine d’opale…

Je brûle sans remord
Les images d’Epinal
Et m’engouffre à la mort
Dans l’aventure virale

 D’une création en or
Sans voie ni balise
Mon dieu A la bonhor !
J’y puise et m’épuise !

© 2014


Huile sur bois - 1,12 m x 1,44 m

Huile sur bois – 1,12 m x 1,44 m

L’apocalypse spirituelle 5

Pensées fugitives au Louvre

 J’aime l’émotion du beau en mouvement
J’aime l’émotion du mot qui  dépeint
Assis, je pleure sur un grave serment
De tout ce que je n’ai pas pu faire de mes mains

 Moi qui aurai tant voulu être l’un des leurs
Artiste accompli par souffre-douleur
Je suis au service de notre grand vice
Et son long cortège de mirages, d’artifices

La vie suit le cours de ses longs refrains
Je crie et je ris du grand fourvoiement,
L’âme en peine devant le testament
De ce que je n’ai su faire de mes mains !!

© 2014


Huile sur toile -1,5 m x 1,2 m

Huile sur toile -1,5 m x 1,2 m

Le chaos 12

Le crépuscule

Ô crépuscule maudit,
Mon âme est triste
Comme la goutte d’ennui
Qui s’éclate sur les pavés du remord
Gris et luisants des vielles villes du nord

L’amour est un sentiment hideux
Torture de boutons rouges
Irruptions cutanées
Déceptions démodées
Litanie de jeunes « bourges »

Une lente dérive mentale
Instruit mes pensées morbides
Qui dans un gouffre abyssal
Trouve refuge froid et livide
Dans une cave de souffre humide

Alors je veux me la faire péter
Et ma cervelle ainsi explosée
Servira d’entremet
Aux rats, aux araignées…

© 2014


 

Huile sur toile - 0,81 m x 1,16 m

Huile sur toile – 0,81 m x 1,16 m

The dream 1

Je voudrais être un peintre de mots
Plaquer des verbes chauds et lourds au couteau
Exalter mes sens dans la térébenthine
Laisser bouger ma main aux mœurs libertines
Mêler à l’esprit blanc des pigments de douleurs,
De ciel brouillés et d’horizons en pleurs

Je voudrais être un peintre de mots
Lisser le medium des philtres de ta peau
Avec les poils de martre caresser le téton rose
De mes nuits blanches et leurs apothéoses
Glisser d’amour à fleurs de  peau
Au rythme doux et suave d’un lourd tempo,

Je voudrais être un peintre de mots
Libérer mes envies de tous ses oripeaux
Dépeindre le plaisir avec mon  huile de noix
Avec ma liqueur les riches tons de ta voix
Ma caverne de peintre est un vaste musée
Où règnent en maître sur des murs lézardés
Des tessons écorchés de vifs désirs
Exposés en pâture sur des toiles de mires.

© 2014


Huile sur bois - 1,4 m x 1,1 m

Huile sur bois – 1,4 m x 1,1 m

The dream 15

Et splash

Et quand l’heure est venue  de me mettre à nu,
Sur la grande toile de la vie, les trames du vécu,
Je tisse des mots qui en jettent  de toutes les couleurs
Exposant ainsi, mes cris de joie et de douleurs
Et splash !
Toutes ces longues litanies « mirottes » de l’existence
Je les peuple de notes avec indifférence
Rondes, blanches ou noires
Je m’observe dans les bulles du vin miroir
Puis sème les couleurs avec véhémence
Au rythme lent d’une douce démence.

Je me sens, je me lâche ;
Je danse fou, chantant la poésie
Mes douces mains sur tes hanches de l’envie
Et fait mille tours sur les planches du panache
Pour donner à nos deux corps un bel élan de vie
Au galop, à  pleine cravache !

© 2014


Huile sur toile - 1 m x 1 m

Huile sur toile – 1 m x 1 m

Les passeurs 7

Ce que je veux, c’est avoir les sentiments à fleur de peau ;

La poésie dans la poche droite et mes pinceaux dans la gauche.

Je veux voir la vie tout droite sortie d’un tube de rose frais et de bleu outremer sur  une toile de perle.

Ecouter le concert cristallin de gouttes de rosée printanières qui tombent et résonnent sur le feuillage vert tendre, la rage des ciels avant le tonnerre,
admirer l’art de la danse dans la mouvance des nuages, l’harmonie de leur mouvements et de la perpétuelle reconstruction de leurs formes
pourtant toujours achevées, complexe enchevêtrement de silhouettes et de couleurs libres !

Quelle leçon de vie que celle que le ciel nous offre !

© 2014

 

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